L'histoire de CRECQUES, commune de Mametz.

par Claude FLOURE.

Crecques apparait dès le XIIéme siècle dans les textes latins (Kerseka en 1119, puis Cresseca)
puis dans la forme francisée (Cresekes et Creseque) On peut penser qu’il s’agit d’un nom gallo-romain, Crisiacum (domaine de Crisius)
De l’époque médiévale à la révolution :
En 1160, Creseque ou Querecque est un fief tenu en partie de l’évêque de Thérouanne et en
partie du château d’Aire. Son premier seigneur connu est Anselme. Un acte de 1202 fait état du château de Creseque.
En 1305, Aire fait partie du Comté de Flandre qui fait lui-même partie du royaume de France. Les seigneurs de Mametz et de Crecques sont apparentés à la famille de la Viesville, à qui appartient le vicomté d’Aire.
Pendant tout le XIVème siècle, le secteur est la proie des Flamands auxquels les Anglais viennent prêter main-forte.
En 1384, Philippe le Bon marie un de ses fils naturels à Jeanne de la Viesville, héritière du Comté d’Aire dans lequel sont inclus nos trois villages. Crecques devient une possession bourguignonne. Par le jeu des mariages, ces terres deviendront les fiefs de la famille de Croÿ.
Pendant des siècles, le secteur servi de zone tampon entre Français, Bourguignons, Flamands,
Hollandais, Espagnols, Anglais… La vie quotidienne a dû être une alternance de périodes de calme pendant lesquelles on a procédé aux défrichements, et de périodes d’insécurité générale.
A la prise de Thérouanne en 1553, succéda un pillage systématique, organisé par les habitants
d’Aire et ceux des villes voisines. Venus en pionniers, les habitants des villages, heureux de la chute d’une place qui était un repaire de prédateurs, se joignirent volontiers aux pilleurs.
La période révolutionnaire :
L’église de Crecques sera vendue à la fin de la tourmente révolutionnaire à un certain François
Joseph Carlier, qui la revendra à Guillaume Salva, marchand de tabacs le 23 brumaire de l’an 8. Ce dernier y entrepose au grand dam des habitants du village qui n’entendent pas laisser ainsi profaner « leur église ».
Aussi le 12 prairial de l’an 8, le citoyen François Joseph Bourdrel verse au citoyen Salva la somme de cent francs, reçue des habitants de la commune, pour « reste et parfait paiement » du prix de vente qui leur a été fait pour la dite église qu’il est, dès lors, possible de remettre en état et de rendre au culte.
Au XIXème siècle :
Des routes, des ponts sont créés ou aménagés notamment le pont de Crecques. Sa population,
qui comptait 24 feux entre 1296 et 1302, 26 feux en 1469, soit 163 habitants en 1698, 282 en 1790, passe à 384 habitants en 1820.
L’église de Crecques, était rattachée à Rebecques jusqu’en 1822; construite avant le milieu du
XVII°, elle fut restaurée au XIX°, elle est consacrée à Saint-Honoré.
Par ordonnance royale du 20 mars 1822, et à leur demande, Mametz, Crecques et Marthes sont
réunies en une commune unique.

On peut lire la suite de cet article ("Histoire de Marthes") dans le bulletin n° 4, décembre 2017, édité par notre association. S'adresser au secrétaire.

Photo : L'Eglise de Crecques (Patrimoine de St-Omer).